Ceci est la seule photo connue de Max Origan. Un lecteur désirant rester anonyme l'a retrouvée dans le boîtier d'un DVD de Blade Runner acheté sur Ebay. Le vendeur du DVD n'a jamais voulu dévoiler son identité, mais il pourrait bien s'agir de Max Origan lui-même, qui cherchait ainsi à se refaire une santé financière pour se procurer enfin l'édition collector de Albator 78. L'information n'a pas été confirmée.
Certains ont noté qu'il ressemblait à l'un des personnages de Nash Valère. Mais ce n'est pas forcément un compliment.
Vous trouvez que Max a une sale tête ? Contactez-le pour lui dire de passer chez un photographe professionnel qui tentera d'arranger ça.
printemps 1972 : Naissance du jeune Max Origan à cheval sur une frontière européenne. L'indétermination de son origine est aujourd'hui encore telle que seule la suppression des états-nations pourrait lui donner un sens.
automne 1982 : Un computer Apple à écran vert fait son apparition dans la vie du jeune Max, qui découvre les merveilles du traitement de texte. Dès lors celui-ci se jette dans l'écriture de romans inachevés, avec le secret espoir que l'ordinateur fera le travail à sa place. Rapidement déçu des possibilités de l'engin, il préfère se consacrer à l'art de manipuler un joystick.
hiver 1989 : Les jeux PC n'étant plus édités sur disquette 5 pouces, Max Origan est contraint de restreindre son utilisation du joystick et profite du temps libre pour parachever son grand œuvre : une saga intersidérale intitulée le Seigneur des Nanos, façon Jules Verne. Finalement réduit à son dernier chapitre, le roman de 3 pages sera renommé Mais où est passé Nano ?
printemps 1995 : Max Origan assiste à une représentation de la pièce The Importance of Being Earnest dans un théâtre britannique, et prend acte de l'importance de connaître l'anglais dans notre monde contemporain.
hiver 2000-2001 : La charmante et inaccessible Virginie Ledoyen croise le chemin de Max Origan. Celui-ci va lui chercher un yaourt.
printemps 2001 : La future de Max Origan fait pour la première fois une apparition dans son passé.
automne 2002 : Max Origan entreprend la rédaction des aventures des Mystères de Gabor après avoir vu la version cinématographique de l'Ecole des sorciers de J. K. Rowling. Il se dit que s'il parvient à prendre ne serait-ce que 10% des parts de marché de l'écrivain britannique, il s'assurera une confortable retraite. Par la suite, il prendra même le temps de lire le premier Harry Potter dans sa traduction française.
printemps 2004 : Une bière bien fraîche vient fêter le cinq-cents millième caractère du fichier informatique où sont consignées les données des Mystères de Gabor. L'objectif initial est atteint, mais des lecteurs avisés font remarquer à Max Origan qu'au moins soixante mille de ces caractères relèvent du pur remplissage. Durant les semaines qui suivent, l'auteur se lance à la chasse aux octets inutiles.
été 2004 : Max Origan discute avec son ami C (qui désire rester incognito). Celui-ci lui fait part du formidable plaisir qu'il a pris à la lecture des Mystères de Gabor, dans une version pourtant incomplète et imprimée sur feuilles volantes.
hiver 2004-2005 : Max Origan constate que les principales maisons d'édition parisiennes n'ont pas relevé la faute d'orthographe à la page 117 de son manuscrit.
automne 2007 : La maison d'édition québécoise ADA décide de lancer la publication des Mystères de Gabor. Max Origan se demande ce qui a fait la différence entre son ouvrage et les centaines de milliers de manuscrits que reçoit quotidiennement l'éditeur. Quelques semaines de réflexion finissent par le convaincre qu'il s'agit d'un gigantesque coup médiatique d'ADA visant à inonder le marché international de la littérature jeunesse et à reléguer Bloomsbury au rang de libraire de quartier. Max se sent dès lors prêt à relever le défi.
automne 2008 : Alors que le site www.nashvalere.com fait un tabac parmi les lecteurs qui ont eu l'autorisation d'en parler, une ridicule rumeur est diffusée sur le net par un intriguant. Le mal intentionné avance avec un cynisme rare que Max Origan n'est en fait qu'un cyborg possédant un implant pseudo-littéraire dans le cerveau. Le malotru s'est appuyé sur une photo évidemment truquée, dont vous avez ici une copie. Il est bien évident que ce grossier montage est un faux, et que le cerveau de Max Origan est fabriqué comme celui de n'importe qui, c'est-à-dire de..., de..., de ce qu'on trouve dans n'importe quel cerveau.
dimanche 21/03/10
Roman jeunesse » Max Origan

